Test Fallout 2( 03/02/1999
)
Plus grand, plus riche et plus adulte, Fallout 2 a tout pour éclipser son prédécesseur dans le coeur des joueurs. Dommage que la fête soit gâchée par des bugs...
Test - Fallout 2
Fallout avait, en son temps, fait son petit effet dans le monde du jeu. On était en présence d'un jeu de rôle basé sur un thème original : un monde post-apocalyptique façon Mad Max, avec, en plus, des armures de combat et des lasers. Il présentait une histoire construite, très riche en possibilités et pleine de rebondissements. De quoi jouer des centaines d'heures avant d'arriver à la fin, surprenante et très peu hollywoodienne.
Que demander de plus qu'une bonne caisse et des amis ?
Autant le dire tout de suite, Fallout 2 ressemble comme un petit frère à son aîné. Il ne présente en effet que peu d'améliorations sur la forme : même interface, même système de combat (par tour, pas de temps réel) et de représentation (en 3D isométrique), et mêmes mécanismes de simulation. Les seules nouveautés visibles résident dans la présence d'un véhicule et, surtout, dans un système complet pour gérer les différents personnages secondaires (goule, mutant, bricolo bedonnant, savant camé et même IA sur pattes...), que vous pouvez recruter durant l'aventure. Leur comportement, notamment au combat, peut être finement déterminé par le joueur. Là s'arrête l'innovation. Pourquoi d'ailleurs changer une bonne recette ? Ce qui paraît hérétique, voire suicidaire pour tout autre jeu PC ne l'est pas pour un jeu de rôle. Une fois la simulation rodée, ce qui compte c'est l'histoire et rien que l'histoire et, de ce côté, nous sommes amplement servis...
Bon sang ne saurait mentir !
Comme le temps passe ! Voilà près de 80 ans, un(e) habitant(e) d'un abri sauvait le monde d'une grande menace. A présent, c'est au tour de son descendant de reprendre le flambeau et de devenir, lui aussi, un héros. Nous sommes en 2241. Le village du descendant se meurt. Pour le sauver, les anciens décident donc d'envoyer l'"être élu" vêtu de la "sainte tenue de l'abri 13" dénicher une ancienne relique technologique : un jardin d'Eden en Kit ou JEK. C'est le départ d'une longue, très longue aventure, d'une richesse telle qu'un seul personnage ne pourra en épuiser toutes les nombreuses possibilités : libération d'esclaves, recherche d'un terrain correct pour une plante qui parle, création d'un corps adéquat pour une IA, résolution de problèmes familiaux, aide à un shérif blessé, etc. Dans le domaine des décors, la Californie de 2241 est une marqueterie de villes et villages qui représente, en condensé, toute la "culture" américaine. On y trouve aussi bien des lieux où humains, goules et mutants vivent ensemble en bonne harmonie, que des villes où règne un lourd racisme. Les villages tribaux et les bleds de ploucs côtoient, entre autres, une ville style Far West avec son shérif étoilé, une réplique de Las Vegas sous l'emprise de familles mafieuses et un état policier au militarisme typiquement US. De quoi alimenter tous les clichés !
Attention, jeu politiquement très incorrect...
Les scénaristes ne s'en privent d'ailleurs pas et ajoutent même à la sauce, des pelletées entières de clins d'il à des films ou des personnalités. A tel point que le jeu en est truffé. On a droit ainsi à une IA s'appelant Skynet, et au "masticateur", un boxeur arracheur d'oreille sentant fortement le Tyson. Le joueur de Fallout aura également le plaisir de trouver par-ci, par-là des témoignages du passage de son ancien héros. Tout cela suffirait à donner un "cachet" au jeu, mais il y a mieux encore : Fallout 2 plonge avec une jubilation extrême dans le politiquement incorrect ! En plus de la violence, la drogue et surtout le sexe sont fortement présents. Le héros (ou héroïne) peut s'y adonner librement. Tout lui est permis : virées dans des bordels, relations homosexuelles ou sadomaso, prostitution ou proxénétisme Il est même possible de gagner pas mal de points d'expérience et de réputation en trouvant une poupée gonflable ou en devenant "Porn Star" ! De quoi mettre du plomb dans l'aile au mythe du héros hollywoodien propre sur lui...
Aïe ! Les choses se gâtent...
Malheureusement, tout n'est pas parfait, loin de là. De gros problèmes techniques gâchent la fête. Le jeu est en effet aussi riche en possibilités qu'en bugs... dont certains sont source de blocages. Le pire est qu'ils dépendent apparemment des configurations et sont donc imprévisibles. Durant le test, la même machine sous windows 95, et 98, n'a pas montré les mêmes problèmes. S'il existe un patch pour la version US, pour le moment, rien n'est prévu pour la version européenne. Autre mauvaise nouvelle, les sauvegardes ne sont pas récupérables. Plus anecdotique, les versions européennes, Angleterre oblige, sont censurées... mais pas de la façon que l'on croit ! Ce sont les enfants qui ont été censurés ! Vous ne verrez donc aucun bambin, alors inutile de chercher comme moi pendant des heures à entreprendre les quêtes liées à des enfants, qui, elles, ont été conservées dans le jeu... Cela dit, si vous avez le courage de slalomer autant entre les méandres de l'histoire que ceux des bugs, et de vous colleter une traduction médiocre, Fallout 2 vaut vraiment le coup que vous vous y attardez.