Test Final Fantasy 8( 29/02/2000
)
Si elle fait référence sur PlayStation, la superproduction de SquareSoft ne fait pas le poids sur PC. Son adaptation est trop médiocre pour rivaliser avec les jeux de rôle micro.
Test - Final Fantasy 8
Final Fantasy VIII est le second épisode de la série à être adapté sur PC. Par rapport à son prédécesseur, les personnages sont moins caricaturaux, même s'ils conservent, et cela fait partie du charme de cette saga, un graphisme typiquement manga. Sur PlayStation, où les jeux de rôles sont rares et généralement frustes, il n'est guère surprenant que la série ait connu un succès se chiffrant en millions d'exemplaires vendus de le monde. Malheureusement, les développeurs se sont contentés sur PC d'une stricte "photocopie" de l'original. Ce qui permet de constater à quel point la PlayStation a vieilli par rapport à nos ordinateurs bardés de cartes accélératrices : faible résolution, pauvreté des couleurs, effets d'escalier fâcheux Mais là n'est pas l'essentiel, d'autant que la qualité des animations demeure extraordinaire, même à l'aune des jeux pour PC. Le problème est plutôt d'ordre philosophique. C'est en effet l'occasion de constater à quel point les sensations sont différentes sur une console par rapport à un ordinateur. D'abord, il y a le fait d'être placé à plusieurs mètres de l'écran et non à cinquante centimètres. Dans le premier cas, les graphismes sont superbes, tandis que dans le second tous les défauts vous sautent à la figure. Par ailleurs, il existe des différences fondamentales du point de vue ergonomique.
D, X, E, A
Sur console, on joue avec une manette comportant quelques boutons. Sur ordinateur, on dispose d'un clavier et surtout d'un outil quasi magique en matière de jeu de rôle : une souris. Et celle-ci n'est évidemment pas gérée dans FF VIII. On peut jouer au clavier ou avec une manette. Et quoi qu'il arrive, il faut mémoriser un ensemble impressionnant de commandes. Ouvrir le menu général ? Appuyer sur la touche "D". Valider une action ? Touche "X". Et ainsi de suite En théorie, on peut reconfigurer les touches. Impossible pourtant de substituer l'habituelle touche "Entrée" à ce "X" qui n'est familier qu'aux joueurs sur PlayStation. Autre problème, les textes sont affichés dans une taille sans doute idéale lorsque l'on est à plusieurs mètres du téléviseur, mais bien trop imposante sur ordinateur. Ajoutons-y une résolution trop faible, comme vous pouvez le constater sur nos captures, et l'on a l'impression d'être une sorte de débile affecté d'un grave défaut de vision auquel on s'adresse avec des phrases très courtes, écrites très grosses.
Combats trop répétitifs
L'histoire proprement dit est naïve, bien éloignée des standards d'un Planescape Torment ou d'un Baldur's Gate, mais intéressante. Surtout si l'on apprécie les mangas. Mais la part belle est faite à l'action, bien plus présente que dans un jeu de rôle traditionnel sur PC. Les combats sont amusants au début, surtout grâce aux "Guardian Forces", ces entités diaboliques qui assistent le joueur, mais se révèlent trop nombreux et bien trop répétitifs. Les possibilités stratégiques étant, là encore, extrêmement simplistes par rapport aux bons jeux PC : on se retrouve à exécuter sans cesse les mêmes actions. C'est-à-dire, en gros, voler de la magie à ses adversaires et appeler à la rescousse les Guardian Forces. Par ailleurs, comme tout jeu sur console qui se respecte, on ne peut sauvegarder qu'à des endroits précis. On sera donc éventuellement amené à recommencer plusieurs heures de jeu en cas de défaite lors d'un combat
Attendre la version "budget" ?
Que penser de Final Fantasy VIII ? Ses animations ont un charme certain et son graphisme en 640x480 se contente d'une machine antédiluvienne, pour peu qu'elle dispose d'une carte accélératrice 3D. Pour le reste, voilà un excellent jeu sur PlayStation qui, en l'état, ne mérite pas d'être acheté sur PC, ne serait-ce que pour ne pas encourager ces conversions bâclées. Toutefois, s'il sort un jour dans une gamme "budget" on pourra se laisser tenter, juste pour découvrir l'univers du jeu de rôle sur PlayStation et se féliciter de posséder un ordinateur.